10.12.2008, Genève. Ce matin, dans le cadre de sa présentation annuelle des perspectives conjoncturelles ainsi que du Produit Intérieur Brut (PIB) du canton de Genève, la BCGE a fait part de son analyse de la situation économique du canton. Selon la banque, la croissance va ralentir sensiblement à Genève en 2009. Elle devrait passer de 3.8% en 2007, à moins de 2% en 2008 et 0% en 2009.
La banque estime qu'une récession est probable et qu'elle pourrait durer trois trimestres, de la fin 2008 au premier semestre 2009. La croissance pourrait reprendre à 1% en 2010. Genève et la Suisse subissent les effets du refroidissement conjoncturel mondial à travers le ralentissement des exportations de marchandises et de services. Une récession profonde est peu probable à Genève et en Suisse: il n'y pas, actuellement, de credit crunch, de rationnement du crédit.
La crise financière introduit un manque de visibilité extrêmement fort pour l'activité économique suisse et internationale en 2009. La sortie progressive de la crise dès le 2e semestre 2009, devrait être suivie d'une période prolongée de faible croissance. L'impact de la crise du crédit sur l'économie réelle dépendra largement de la durée de la crise financière et de la vitesse à laquelle les financements bancaires se remettront à fonctionner aux Etats-Unis et dans certains pays d'Europe.
La dépression ne devrait pas avoir lieu La banque a écarté un scénario très négatif qui s'articulerait autour d'une dépression mondiale ou une période prolongée de déflation aux Etats-Unis, à l'image du Japon dans les années 90. En effet, l'ampleur et la rapidité de la réaction des autorités, les efforts massifs de "reflation" de l'économie et l'abondance des liquidités monétaires permettent d'anticiper un scénario différent de celui qui avait frappé l'archipel.
La chute temporaire du prix du pétrole fait reculer l'inflation, sa disparition permettra une baisse importante des taux d'intérêt en Suisse, en Europe et aux Etats- Unis. Dans ce pays, la banque centrale devrait maintenir les taux des fed funds à un niveau proche de zéro en 2009. La Banque Centrale Européenne va baisser son taux d'intérêt de référence audessous de 2% en 2009. La Banque Nationale Suisse fera baisser le Libor trois mois à 0.50% au début de l'année prochaine.
Situation de départ saine en Suisse La demande intérieure sera plus faible en Suisse en 2009, en raison du recul de l'investissement et de la stagnation de la consommation. Celle-ci bénéficiera encore de la forte amélioration de l'emploi observée jusqu'en 2008. La Suisse ne connaît pas de credit crunch, le rationnement du crédit, contrairement aux Etats-Unis. Notre économie aborde le refroidissement conjoncturel mondial dans une situation saine, il n'existe pas de déséquilibre majeur au niveau de l'emploi et pas d'excès d'endettement des ménages et des entreprises.
Le risque principal que courent Genève et la Suisse est celui d'une crise durable des marchés financiers, qui affecterait fortement la valeur ajoutée du secteur bancaire et les exportations de services financiers (par le biais des commissions bancaires).
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Conclusion de cet article : « Prévisions conjoncturelles de la BCGELe recul de l'inflation et des taux aidera la reprise (10 décembre 2008) »
Source : Banque Cantonale de Genève, communiqué de presse
